Loi travail : Emmanuel Macron prépare un big bang social
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Le Parisien a rendu public lundi 5 juin l’avant projet de loi habilitant le gouvernement à prendre, par ordonnances, des mesures pour l’emploi.

Première surprise : alors que les concertations sont en cours, que les organisations syndicales et patronales seront reçues demain, le document semble déjà finalisé. Drôle de façon de considérer le dialogue social. Comme si les rencontres organisées en grandes pompes à l’Elysée étaient en réalité plus une mise en scène qu’à un travail réel de concertation et de négociation.

Deuxième surprise : alors qu’Emmanuel Macron prépare une attaque sans précédent contre le code du travail, la plupart des points soulevés par le président de la République n’ont, à aucun moment, été débattus ou abordés dans la campagne présidentielle. François Hollande a fait le contraire de ses engagements de campagne. Emmanuel Macron a fait plus simple : il a simplement caché ses intentions avant l’élection.

Sur le fond, Emmanuel Macron prépare un big bang social. Il souhaite tout simplement que le Parlement lui donne l’autorisation, pendant 1 an, de revoir de fond en comble toutes les protections sociales conquises par les salarié.e.s depuis des décennies.

L’inversion de la hiérarchie des normes s’étendrait à l’ensemble des droits existants. Les 3 seuls droits protégés par la loi seraient : le SMIC, l’égalité professionnelle femmes – hommes et les niveaux d’exposition à des produits dangereux. On ne parle plus d’un code du travail allégé ou simplifié, on parlerait là d’un code du travail inexistant. Règles de licenciement des salarié.e.s en CDI, renouvellement et rupture des CDD, santé et sécurité au travail, rémunération, travail de nuit, CHSCT… Tout ce qui constitue nos droits quotidiens pourrait être revu à la baisse entreprise par entreprise. C’est un big bang de nos droits sociaux sans précédent.

Retiré l’an passé suite aux mobilisations contre la loi de Myriam El Khomri, le plafonnement des indemnités prudhommales en cas de licenciement abusif revient par la fenêtre. Ouvrir un droit à frauder pour les chefs d’entreprise : Emmanuel Macron semble y tenir.

Elue députée, je m’opposerai de toutes ses forces à ce projet d’ordonnances. Je mènerai la bataille à l’Assemblée nationale comme je l’ai fait l’an passé contre la Loi travail de Myriam El Khomri.

Les élections législatives qui s’annoncent sont l’occasion de ne pas laisser les mains libres à Emmanuel Macron. Votons pour des député.e.s qui s’opposeront de toutes leurs forces à ce big bang social. Votons pour des député.e.s qui feront entendre nos voix dans l’hémicycle.